Selon le vieil adage, les traducteurs sont des lecteurs privilégiés. Cependant, je pense que nous pouvons nous aventurer à dire que, plus qu’un lecteur, le traducteur est un écrivain privilégié.

À moins de copier et de traduire le texte source mot à mot, réaliser une de bonne qualité n’est pas si simple. En espagnol : s’est-elle assise ? Ou a-t-elle pris un siège? Devons-nous laisser le sujet ou le retirer ? Voici le type de questions que se posent constamment les traducteurs.

Les traducteurs prennent toute une série de décisions dans le labyrinthe de la langue et présentent un produit fini, quelque chose qu’ils ont créé, mot à mot.

Cependant, contrairement à ce qui se passe avec le texte original, les traductions sont toujours comparées. Et cette comparaison est un fardeau que les traducteurs doivent porter sur leurs épaules à chaque nouveau projet. Pour cette raison, les traducteurs (en plus de traduire) se posent toute une série de questions que l’auteur original n’a jamais eu à prendre en compte : ai-je reproduit l’idée ? Ai-je respecté le ton, la musique, le style ? Si l’auteur avait écrit cela en anglais, l’aurait-il formulé de cette façon ?

De même, s’il le document original présente des erreurs, c’est le travail du traducteur de les corriger. Bien que dans le domaine de la traduction il n’y ait pas de solution parfaite, comme cela arrive probablement dans le domaine  des sciences exactes, nous devons  toujours aspirer à l’excellence en ce qui concerne le produit final. Même parmi les plus audacieux des traducteurs, persiste ce désir de surpasser le texte original.

En raison de tout ceci, il possible de dire que, plutôt que de simplement traduire, les traducteurs réécrivent. Et, dans le meilleur des cas, ils deviennent à leur tour des écrivains.

Version en anglais : http://translation-blog.trustedtranslations.com/translating-or-writing-2012-06-14.html

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