pictureOn dit que la vie se mesure en moments, cependant, tant la vie d’un traducteur que de n’importe quelle autre personne travaillant dans une agence de traduction se mesure en temps, heures, secondes : en dates de livraison. Un traducteur peut très rarement penser à une comme quelque chose à long terme y qui permet ainsi un peu plus de tranquillité. Dans le même sens, le Responsable de projets qui, du fait de 5 à 10 livraisons par jour, ne sait pas vraiment ce qu’est d’être complètement détendu.

Toutes ces dénominations comme “détendu” et “long terme » m’amènent à réflexioner sur la manière dont sont utilisés certains termes bien particuliers propres au milieu de la traduction : j’ai entendu dire que l’espagnol est une langue plus romantique que l’anglais, mais il y a certaines choses qui ne sont pas aussi bien incarnées que dans la langue saxonne. « Date de livraison » est une dénomination assez généreuse par rapport au dramatique «  » de l’anglais.

Pour vous donner une vision plus claire de la chose, lorsqu’un être humain à besoin d’un défibrillateur car son cœur ne bat plus, on dit qu’il y a une “flatline”, beaucoup moins drastique que le “deadline”. Le plus important pour un traducteur est de les maintenir le plus loin possible l’un de l’autre, car bien que ces deux termes ne semblent pas être isolés, il est fréquent de ressentir que l’un peut mener à l’autre.

Il faut voir le côté positif (car en effet il existe). Une vie pleine de « deadlines » est à l’origine  d’une capacité d’autocontrôle et de gestion supérieure à celle d’un simple être humain. Cela engendre une capacité d’organisation et d’attention constante qui pourrait être considérée comme un sixième sens. Car l’on apprend à vivre à contretemps et à toujours s’en sortir indemne. Il est vrai que les nerfs en pâtissent et la patience diminue, mais cela fait partie du travail, car mener une vie pleine de dates de livraison fait que l’on devient suffisamment fort pour qu’un mélange de « deadline » ne se transforme pas en « flatline ».

Version originale en espagnol : http://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/como-convivir-con-las-fechas-de-entregas-2013-06-12.html

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1 Commentaire » for L’art de vivre une vie de “deadlines” et en ressortir vivant
  1. Vincent dit :

    Article intéressant.
    Les personnes qui entourent les traducteurs ont parfois du mal à comprendre notre ‘véritable’ quotidien. Ils s’imaginent bien souvent que cette vie est ‘cool’ car on est chez soi, on n’a pas d’horaires. Ils croient même, pour certains, que nous devons passer notre temps à flâner sur Internet, à tchatter avec des amis du bout du monde.
    Non, c’est bien loin de tout ça. Nous vivons comme tu le dis dans ton article avec des numéros plus que des mots: Heures, dates de livraison (fameuses deadlines), quantité de mots par jour, quantité totale à faire pour telle date.
    Avec ce métier, on ne quitte pas le bureau à 18 heures un vendredi soir en l’oubliant jusqu’au lundi matin.
    Etc. Etc.

    Bon faut relativiser, c’est pas le bagne non plus. C’est juste un style de vie.